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    Etats d’âme

     

     

    Quand nous nous séparons comme ça, j'essaie de faire bonne figure... de faire le dur, de jouer l'indifférence mais en réalité, qu'est ce que ça fait mal. A chacun de ces pas qui nous éloignent l’un de l’autre il y a cette douleur là dans le ventre qui ne cesse d'augmenter, j'ai l'impression qu'une main géante me tord les tripes... Je voudrais te dire à quel point tu me manques mais je n'arriverai probablement pas à transcrire ma pensée car les mots me manquent. Pourtant, ils sont la ces mots, ils sont là dans mon esprit, ils sont là dans ma douleur, ils sont là dans le vide que tu laisses quand tu t'absentes. C'est difficile à coucher sur le papier! J'ai mal. Mon corps me fait mal. Tout me fait mal. Ça me prend là en dessous du plexus, ça remonte dans la poitrine et ça m'opprime le coeur puis ça remonte encore et ça s'arrête dans ma gorge qui se serre et qui m'empêche de hurler mon amour. Je suis drogué de toi, complètement accro et dès que tu es loin, déjà en état de manque... J'ai besoin de ta présence, besoin de sentir ta main dans la mienne, tes mains sur moi, mes mains sur toi... Besoin de te respirer, de te sentir. Tes baisers me manquent, la douceur et la chaleur de ta bouche me manquent. J'ai envie de te boire là où naît ton plaisir... J'ai envie de t'avoir près de moi, de te serrer contre moi, de te sentir mollir dans mes bras, que tu poses la tête sur mon épaule avec confiance et tendresse comme tu sais si bien le faire, besoin de laisser mon regard se perdre dans le tien qui devient si doux quand tu commences à sourire...
    Comment est ce possible, je ne voulais pas, je ne voulais plus; j'ai résisté pendant des années. Pourquoi? Pourquoi toi, pourquoi maintenant, je ne voulais plus souffrir, je ne voulais plus faire souffrir. J'ai déjà tant donné et puis tant reçu aussi.
    Mais il n'y a rien à faire, là tout au fond, il y a toujours ce secret espoir. Le bonheur est-il encore possible, suis-je bien raisonnable? Suis je encore capable d'aimer? Alors, pourquoi si tard? Mais tout compte fait, il n'est jamais trop tard, tout est possible c'est ce que je prêche à tous ceux qui me croient de bon conseil. Alors, pourquoi pas moi, ici et maintenant? Parce que la vie est belle et que jusqu'à mon dernier jour, jusqu'à la dernière seconde j'y croirai encore. Toi je t'ai aimée tout à coup, comme ça sans l'avoir cherché ni l'avoir voulu mais en l'ayant tellement espéré quelque part. J'ai envie de le crier, de le hurler, mais en face de toi, je n'ai plus de voix, je n'ai plus de force. Je fais semblant d'être fort, d'être indifférent et pourtant qu'est ce que j'en ai envie de cet apaisement d'être à côté de quelqu'un à aimer. Pourquoi cette attitude pourquoi cette fuite, pourquoi tant de pourquoi?
    Ça serait si simple de s'aimer sans se poser de questions, sans réfléchir, sans penser à hier ni à demain, juste à aujourd'hui sans chercher à savoir, sans pourquoi. Ce serait tellement bon d'être enfin moi-même, tout simple, tout nu, sans arrière pensée. Simplement me laisser glisser dans la douceur de l'amour, oublier cette fuite perpétuelle, ce bond en avant ou en arrière quand arrive ce moment si délicat et si précieux de s'abandonner enfin, enfin vaincu, enfin vainqueur, dans cette lutte contre moi-même.
    Enfin cet abandon, cette félicité que je me refuse depuis si longtemps.
    Tellement différent de ces brèves rencontres, de ces brèves étreintes qui en fin de compte ne laissent qu’un goût amer et des remords car ce ne sont que des remèdes contre l'amour. L'amour vrai et pur que j'ai peut-être tellement idéalisé que c'est ce qui me le rend si difficile à cerner, si difficile à accepter alors que cela devrait être si simple et si facile...
    Je sais plein de gens autour de moi qui ne se posent pas de questions: ils sont et c'est tout. Ils vont et viennent et vivent simplement. Pourquoi ne pas tout simplement l'accepter; je t'aime et cependant je suis déjà occupé à essayer de ne plus t'aimer... Peut-être aussi n'es-tu pas celle qu'il me faut... Peut-être suis-je trop difficile, trop exigeant.

    A force de me poser des questions et de douter, dans mon esprit je te chasse déjà...

     

     

    Pourquoi ?

     

     

    Trois ans déjà qu’une amie très chère nous a quittés...

    Mes pensées vont vers elle naturellement,  mais je ne puis empêcher mon esprit de vagabonder et je me dis que demain, ça sera peut-être mon tour ou celui de n'importe lequel (ou laquelle bien sûr) d'entre nous

    Alors celui-la deviendra dans notre souvenir le bon, le gentil, l'irremplaçable, on oubliera ses défauts et ses imperfections et ses mauvais côtés feront sourire, alors qu'aujourd'hui, à cause d'un mal dit, d'un malentendu ou d'un mal compris il est peut-être celui qu'on aime pas, qu'on aime plus trop, qu'on évite... et puis, parce que le voila mort on se dit que tout compte fait, c'était pas si grave que ça ce qu'on pensait avoir à lui reprocher, que l'on aurait peut-être du agir autrement, que dans le fond on l'aimait bien, que c'est vraiment triste, qu'on le regrettera... et puis et puis et puis maintenant c'est trop tard, il peut plus l'entendre...

    Pourquoi donc faudrait-il attendre que les gens disparaissent pour leur manifester de bons sentiments, pour leur trouver des qualités, pour les aimer ?

    C'est pendant leur vie que les gens veulent être aimés, ... après c'est trop tard, définitivement trop tard... surtout pour le leur dire.